30.6.10

LunDi (1)

...

Mes préférences musicales sont très éclectiques, mais à ce moment j'adhère totalement à les chansons de Claude-Marin Herbert/LunDi qui me plaisent bien!
Auteur compositeur possède un nombre de textes et chansons engagées, je crois ... magnifiques. Il me semble un compositeur méditatif par excellence. En premier lieu, on retrouve dans sa musique une sorte de tension mélancolique, de brume mêlée à une lumière diffuse enivrante. Il nous fait parfois entrer dans le réel profond, naturel où humain , dans ses résonances mystérieuses et dans son atmosphère inquiétante et envoûtante. Il y a dans ses chansons une flamme très humaine qui berce les sens et l’esprit. En effet, ses œuvres sont profondément touchantes et emmènent l’auditeur dans un formidable voyage intérieur éclairé par les pensées et les emotions qui se dégagent de la puissance des mots et des sonorities qui font que personne ne peut rester insensible.

LunDi is the solo project of Claude-Marin Herbert, a young man deeply inspired by the delicate music of pop heroes such as Mark Hollis and the Nits. It is no surprise that this project reminds us of a band like Bed (who is quite undeniably influenced by Mark Hollis), yet with a noteworthy difference: Claude-Marin's lyrics are in (beautiful) French. For this new recording (his first ep "Cendres ascendantes" is available in the hinah gift section on hinah), LunDi keeps exploring the piano/voice association, but with also a few surprising - and successful - twists, especially on the chorus of "La Nebbia".

Porquois LunDi?

- lundi.


Non pas que je haïsse les dimanches, non... Mais pour moi le jour commence à la tombée de la nuit. Le coucher du soleil n'est pas la fin du jour, mais son origine : c'est plutôt la nuit que l'on parcours les hautes montagnes, grimpe sur le corps des femmes, la nuit que les mélodies et les mots se frayent un chemin de l'intérieur vers l'extérieur - efficacement et réciproquement. Le jour, on se repose (plusieurs écrits sérieux consacrent, à tort ou à raison, le dimanche précisément à cet usage). Donc : lundi, jour lunaire.
Claude-Marin Herbert


Son premier travail:



Pour Cendres ascendantes (Hinahgift014), avec la complicité de Sarah et Dominique, je me suis introduit un matin de janvier 2004 dans les sous-sols de l'Opéra Bastille. Il y avait là un grand piano, des micros et une table de mixage. Ce piano, je voulais simplement qu'on entende qu'il était fait de longues cordes, de marteaux et de feutres.

Comme nous avions peu de temps, nous avons fait les prises piano-voix simultanément, en live, et aux trois morceaux que je souhaitais enregistrer initialement ('La rivière' ; 'Cendres ascendantes' ; 'Une autre vie'), nous avons ajouté 'Le partage des eaux' et 'La tectonique des plaques'. Le paysage, un état d'âme ? Le contraire, plutôt.

'Cendres ascendantes' contient : 1. La rivière 2. Cendres ascendantes 3. Une autre vie 4. Le partage des eaux 5. La tectonique des plaques. Enregistré en janvier 2004 par Sarah Triollier et Dominique Ledolley. Mixage : Dominique Ledolley, Claude-Marin Herbert. Textes et compositions : Claude-Marin Herbert/LunDi sous licence cc : by-nc-nd. Tous instruments : Claude-Marin Herbert. Illustration : Soline. Merci à : Elle. Et aussi : Olivier, Luc, David Watts.

Claude-Marin Herbert

A ce jour, quatre enregistrements sont disponibles sous le nom de LunDi : Cendres ascendantes (2004, Hinahgift 014), Mobiles/motifs (2005, Hinah025), Songes Egaux (2006, Hinahgift019), " 4 " (2007, Hinah028). Quelques titres hors albums sont également disponibles, dont "Indifférents au mérite", enregistré fin 2007.
Vous souhaitez vous procurer ces albums ?
Ecrivez-moi à l'adresse suivante :

LunDi
c/o Claude-Marin Herbert
13, rue du Rhin
75019 Paris

Contre un objet, n'importe quoi, de votre cru (un disque, un poème, un dessin, un texte théorique, un texte érotique, un pot de confiture...) ou de votre choix (un disque, un livre, un mets de votre région, un caillou, une petite somme d'argent...), je vous enverrai un exemplaire du CD - n'oubliez pas de préciser à quelle adresse.
Claude-Marin Herbert

ICI AUSSI

Kitsch e-cards from Kölhn


23.6.10

Almost ten years after Corona ...




Wuppertal- Kölhn October 1957 ... almost 10 years have passed since Corona, since Celan-Ingeborg first meeting ... suddenly, casually and unexpectedly they met again in a Literature conference intituled "Literary criticism view in a critique perspective" at Wuppertal between October 11th and 13th. On the 14th day they spend the night in a hotel located at Am Hof street , near the station and the magnificent cathedral. In that moment of renewed love, Celan used the word "herzzeit" in his poem "Köln, Am Hof". He sent this poem to Ingeborg the 22th October(1):

Köln, Am Hof




Herzzeit, es stehn
die Geträumten für
die Mitternachtsziffer.

Einiges sprach in die Stille, einiges schwieg,
einiges ging seiner Wege.
Verbannt und Verloren
waren daheim.

Ihr Dome.

Ihr Dome ungesehn,
ihr Ströme unbelauscht,
ihr Uhren tief in uns.


Paul Celan

COLOGNE, AT THE STATION

Heart time, those
We dreamt stand up for
The midnight cipher.

Something spoke into stillness, something as silent,
Something went its way.
Banished and Vanishead
Were at home



You cathedrals

You unseen cathedrals,
You rivers unheard,
You clocks deep in us.


Paul Celan

Translated by John Felstiner, op.cit pp.110-111



(1)Since 18 October he sent her manuscript and dactylogram poems, in a profound analysis Françoise Rétif wrote:

Avec cette rencontre d’octobre 1957, presque dix ans après leur première rencontre à Vienne, et sept ans après le premier séjour de Bachmann à Paris, commence une période de correspondances et d’échanges particulièrement intense, qui durera presque trois ans et au centre de laquelle on peut situer la publication de Sprachgitter.
Ingeborg Bachmann fut tout de suite associée à la composition de ce recueil. Dès le 18 octobre, Celan lui envoie le poème manuscrit Rheinufer (intitulé Schuttkahn/ Péniche aux gravats dans Sprachgitter/Grille de parole), puis le 22, Köln, am Hof, le 24, toujours manuscrit, In die Ferne (Au loin), et Allerseelen (Jour des morts), à la fois sous forme manuscrite et dactylographiée, le 2 novembre, pour ne citer que quelques exemples. Mais surtout, le 2 décembre, il lui adresse une première ébauche du futur recueil Sprachgitter contenant la liste et le texte de vingt-et-un poèmes. En fin de compte, sur trente-trois poèmes de Grille de parole, vint-huit auront été envoyés à Bachmann sous forme de manuscrit et/ou de dactylogramme.


Françoise Rétif,"Entre ombre et lumière: Ingeborg Bachmann, Paul Celan et le mythe d’Orphée", Le 17 décembre 2009 .

22.6.10

Miradas ...

...


23
una mirada desde la alcantarilla
puede ser una visión del mundo
la rebelión consiste en mirar una rosa
hasta pulverizarse los ojos


Alejandra Pizarnik, Arból de Diana

21.6.10

"Espejo incendiado"


17
Días en que una palabra lejana se apodera de mí. Voy por esos días
sonámbula y transparente. La hermosa autómata se canta, se encanta,
se cuenta casos y cosas: nido de hilos rígidos donde me danzo y me
lloro en mis numerosos funerales. (Ella es su espejo incendiado, su
espera en hogueras frías, su elemento místico, su fornicación de nom-
bres creciendo solos en la noche pálida.)

Alejandra Pizarnik, Arból de Diana

14.6.10

13.6.10

Once upon an Autumn ... (2)

...

Corona was Paul Celan's last poem written in Vienna in 1948, before he left for Paris. Later he dedicated the poem to Ingeborg Bachmann with 23 poems from the collection Poppy and Memory. In a letter to Paul Celan (June 24, 1949) she commented:

I have often thought that "Corona" is your most beautiful poem, it is the most perfect anticipation of a moment where everything becomes marble and exists forever.

Translated by David Vickrey

...




[...]

5
por un minuto de vida breve
única de ojos abiertos
por un minuto de ver
en el cerebro flores pequeñas
danzando como palabras en la boca de un mudo



6
ella se desnuda en el paraíso
de su memoria
ella desconoce el feroz destino
de sus visiones
ella tiene miedo de no saber nombrar
lo que no existe



7



Salta con la camisa en llamas
de estrella a estrella,
de sombra en sombra.
Muere de muerte lejana
la que ama al viento.
[...]



Alejandra Pizarnik, Arból de Diana

10.6.10

Once Upon an Autumn ...


Corona

Autumn eats its leaf out of my hand: we are friends.
From the nuts we shell time and we teach it to walk:
then time returns to the shell.

In the mirror it’s Sunday,
in dream there is room for sleeping,
our mouths speak the truth.

My eye moves down to the sex of my loved one:
we look at each other,
we exchange dark words,
we love each other like poppy and recollection,
we sleep like wine in the conches,
like the sea in the moon’s blood ray.

We stand by the window embracing, and people
look up from the street:
it is time they knew!
It is time the stone made an effort to flower,
time unrest had a beating heart.
It is time it were time.

It is time.


Paul Celan

Translated by Michael Hamburger

Corona

Autumn nibbles its leaf from my hand: we are friends.
We shell time from the nuts and teach it to walk:
time returns into its shell.

In the mirror is Sunday,
in dream comes sleeping,
the mouth speaks true.

My eye goes down to my lover's loins:
we gaze at each other,
we speak dark things,
we love one another like poppy and memory,
we slumbeer like wine in the seashel,
like lthe sea in the moon's blood jet.

We stand at the window embracing, they watch from the street:
it’s time people knew!
It’s time the stone consented to bloom,
a heart beat for the unrest.
It's time it came time.

It is time.


Translated by John Felstiner, Selected Poems and Prose of Paul Celan, (New york, W.W.Norton, 2001), p.29.

A really interesting post about:

Translating Paul Celan

[...]

“Corona” is a poem worth examining because Celan borrows from Rilke’s poem “Autumn Day” by making extreme and quiet changes.
Rilke’s “Autumn Day” translated by Edward Snow

Autumn Day
Lord: it is time. The summer was immense.
Lay your long shadows on the sundials,
and on the meadows let the winds go free.
Command the last fruits to be full;
give them just two more southern days,
urge them on to completion and chase
the last sweetness into the heavy wine.
Who has no house now, will never build one.
Who is alone now, will long remain so,
will stay awake, read, write long letters
and will wander restlessly up and down
the tree-lines streets, when the leaves are drifting.

Hamburger’s translation of the first lines of “Corona”;

“Autumn eats its leaf out of my hand: we are friends.
From the nuts we shell time and we teach it to walk:
then time returns to the shell.”
In the mirror it’s Sunday,
in dream there is room for sleeping,
our mouths speak the truth.” (61)

And Felstiner’s version:

“Autumn nibbles its leaf from my hand: we are friends.
We shell time from the nuts and teach it to walk:
time returns into its shell.
In the mirror is Sunday,
in dream comes sleeping,
the mouth speaks the truth.” (29)

The first stanza is similar while the second is not. Hamburger’s translation says “our,” while Felstiner’s uses “the.” I would argue that Celan meant the universal not the singular, thus, Hamburger’s translation works better. Also in dream there is room for sleeping connotes our place to escape. While in dream comes sleeping presents the idea that sleeping approaches the singular. The idea of the time returning to it’s shell could be seen as summer turning into autumn; life into death. Summer reflects growth whereas autumn refers to harvesting which means (death).

Hamburger’s translation of the ending of “Corona:”

“We stand by the window embracing, and people look up from
the street:
it is time they knew!
It is time the stone made an effort to flower,
time unrest had a beating heart.
It is time it were time.
It is time.”

And Felstiner’s version:

“We stand at the window embracing, they watch from the street:
it’s time people knew!
It’s time the stone consented to bloom,
a heart beat for the unrest.
It time it came time.
It is time.”

The words effort and consent again imply different meaning. Effort gives forth the idea of application and accomplishment, while consent means give permission to. Hamburger, therefore is saying that the collective our, is working toward, while Felstiner’s version gives forth the notion that we are acquiescing.
I would argue with those that say his work is hermetic because his poetry though difficult and seemingly written for himself, I see it as written for humankind. That is what makes him a unique, powerful and influential writer. He writes for the dead who have no voice, he writes of the horror of the death camps, he writes about a universal experience. His, is poetry of witness. [...]

7.6.10

...



SILENCE DES VASIÈRES, puis
de l'herbe des berges.

Cette écluse encore. À la
tour au bourgeon, aspergé
de saumâtre, -
tu t'embouches

Devant toi, dans
les sporanges, géants rameurs,
siffle, comme si ahnaient là des mots, la faucille,
d'une brillance.

Paul Celan